Auto-entrepreneur vs SASU : Quel statut choisir pour démarrer seul

Choisir un statut pour son entreprise

Lors de la création de son entreprise, démarrer seul va avoir des conséquences sur le choix du statut juridique. Dans cet article, nous allons comprendre les différences entre auto-entrepreneur et SASU (Société par actions simplifiée unipersonnelle). Nous allons également analyser les avantages et inconvénients de chaque statut, puis choisir celui qui sera idéal pour votre entreprise individuelle.

Comprendre les différences entre auto-entrepreneur et SASU

Le choix de statut dépend des principales caractéristiques de la forme juridique de l’entreprise.

Micro-entreprise : caractéristiques

La micro-entreprise n’étant pas une société, elle n’a aucune personnalité juridique. Elle n’est pas non plus une personne morale.

Le dirigeant est un entrepreneur individuel. Il est soumis au régime de la micro-entreprise. Il exerce son activité en son nom propre et en tant que personne physique. Il prend seul toutes les décisions et organise son travail comme bon lui semble.

Sous l’effet d’une augmentation de ce choix de statut, la loi du 14 février 2022 protège davantage les biens personnels de l’auto-entrepreneur. Il peut exercer une activité commerciale, artisanale ou libérale, compatible avec le régime micro-fiscal (non soumis au bénéfice agricole ou à la TVA immobilière).

Le statut de micro-entreprise exige de ne pas dépasser certains seuils de chiffre d’affaires annuels :

  • 77 000 € pour les activités libérales et les prestations de services ;
  • 188 700 € pour les activités commerciales et les prestations d’hébergement.

SASU : caractéristiques

La SASU est une société. La personnalité juridique est détenue par une personne morale. Son dirigeant peut donc être une personne physique ou une personne morale. Il peut s’agir d’un associé ou d’une autre personne (à condition qu’elle ne soit pas actionnaire de la société).

La SASU est la forme juridique unipersonnelle de la SAS (Société par actions simplifiée). Sa création ne nécessite pas de capital social minimum (1 € suffit). L’associé unique prend seul les décisions et organise son travail librement. Il bénéficie de la responsabilité limitée en fonction de ses apports (sauf dans le cas d’une faute de gestion avérée).

Contrairement à la micro-entreprise, la SASU n’est pas limitée en termes de chiffre d’affaires.

Les activités exercées sont nombreuses : commerciale, industrielle, artisanale ou libérale. Les débitants de tabac et les activités libérales règlementées ne sont pas autorisées.

Analyser les avantages et les inconvénients de chaque statut

La comparaison de statuts est une étape importante.

Avantages de la micro-entreprise

Rapidité de création

Le dépôt du dossier se fait sur la plateforme du guichet unique. Le numéro de SIRET est délivré sous une à quatre semaines. Il valide le statut de travailleur indépendant.

Gestion simplifiée

L’auto-entrepreneur doit :

  • détenir un compte bancaire différent de son compte courant (si son CA annuel dépasse 10 000 € deux années consécutives) ;
  • tenir un livre de recettes ;
  • établir des factures clients ;
  • tenir un livre d’achat (dans le cas d’activité commerciale ou de prestations d’hébergement) ;
  • déclarer son CA et régler ses cotisations sociales et fiscales.

Charges sociales allégées

Le montant des cotisations sociales dépend du CA réalisé. Il est automatiquement calculé et prélevé après la déclaration mensuelle ou trimestrielle du CA en ligne.

TVA et impôt sur le revenu

Le statut de micro-entreprise permet d’être dispensé de règlement de la TVA lorsque le CA ne dépasse pas :

  • 36 000 € annuels pour les prestations de services relevant des BIC ou des BNC ;
  • 91 900 € annuels pour certaines activités commerciales et prestations d’hébergement.

Les auto-entrepreneurs peuvent choisir le versement libératoire pour le règlement de l’impôt sur le revenu. Lors de la déclaration mensuelle ou trimestrielle, un montant consacré à l’impôt est prélevé.

Inconvénients de la micro-entreprise

Plafond du chiffre d’affaires

Le seuil à ne pas dépasser pour garder le statut d’auto-entrepreneur peut être rapidement atteint. Lorsque c’est le cas, le régime micro-fiscal laisse place au régime réel simplifié, au régime réel normal ou au régime fiscal de la déclaration contrôlée (selon l’activité exercée).

Cotisations sociales

Leur montant est basé sur le CA et non sur les bénéfices. Les frais professionnels ne peuvent pas être déduits.

TVA non déductible

La TVA n’étant pas facturée aux clients, elle ne peut être déduite.¶

Couverture sociale

Elle est limitée, car un auto-entrepreneur ne cotise pas pour le chômage. Les indemnités journalières dépendent du revenu annuel.

Avantages de la SASU

Création simple

La seule obligation est de désigner le président de la SASU.

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Le montant minimum est de 1 €. Le compte bancaire doit être au nom de la société et contenir 50 % du capital social au moment de la création.

Fiscalité avantageuse

La SASU est soumise à l’impôt sur les sociétés. Le taux d’imposition des bénéfices est de 15 % tant que leur montant ne dépasse pas 42 500 €. Il passe ensuite à 25 %.

Régime social du dirigeant

Il bénéficie du régime assimilé salarié et de tous les avantages que cela entraîne (sauf pour l’assurance chômage).

Inconvénients de la SASU

Rédaction des statuts complexe

Il est fortement recommandé de se faire aider d’un professionnel qualifié pour la rédaction des statuts.

Protection sociale limitée pour le dirigeant

Pour bénéficier d’une protection sociale, le dirigeant doit être rémunéré.

Choisir le statut idéal pour votre entreprise individuelle

Il n’y a pas vraiment de statut idéal. Le plus important est qu’il est possible de passer de statut d’auto-entrepreneur à celui de SASU (et inversement).

  • Passer de micro-entreprise à SASU : cette option est préconisée en cas de dépassement du seuil de CA. Il suffit de créer une SASU, de transférer le fonds de commerce et de procéder à la cessation d’activité d’auto-entrepreneur.
  • Passer d’une SASU à une micro-entreprise : il faut d’abord procéder à la dissolution de la SASU, pour ensuite créer la micro-entreprise.

Si vous avez besoin d’être conseillé, n’hésitez pas à contacter nos experts.

Laurent COHEN
Expert-comptable associé

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